Sport et greffe

La reprise, pas trop précoce, d’une activité physique appropriée et régulière, après transplantation contribue incontestablement à améliorer la qualité de vie. Elle peut notamment atténuer les complications ostéo-musculo-tendineuses liées au traitement immunosuppresseur et, comme chez tout un chacun, réduire le risque d’accident cardio-vasculaire. Avant la transplantation, les aptitudes physiques sont généralement amoindries. Les améliorer après une transplantation réussie demande un peu de patience.

Un muscle atrophié et non stimulé depuis des mois voire des années met du temps à “se réactiver “. La reprise trop précoce d’une activité sportive intense expose d’ailleurs au risque de microfractures, notamment au niveau des genoux et des chevilles. L’activité physique doit dès lors redémarrer à un niveau bien inférieur à celui d’une population sédentaire. Avec un peu de patience, elle va vous permettre d’améliorer progressivement votre capacité physique.

Quel sport pratiquer ?

  • Les sports de combat (boxe, lutte, judo, karaté, aïkido) sont fortement déconseillés.
  • Les sports avec possibilité de contacts violents sont également déconseillés (cyclo-cross, moto-cross, hockey, basket-ball, foot-ball, hand-ball, rugby, les concours de sauts en équitation, water-polo).
  • Les sports entraînant de fortes contraintes sur les articulations (power-training, haltérophilie) nous paraissent à éviter, surtout s’ils sont pratiqués intensivement ou en compétition.
  • Les sports à “hauts risques” sont laissés au jugement de chacun (alpinisme,plongée sous-marine, ski nautique, spéléologie, parachutisme…)

En revanche, nous conseillons la pratique sans restriction des sports suivants :

bicyclette, natation, marche à pied, tennis, tennis de table, badminton, squash, tir, cross d’orientation, ski, golf et mini-golf, patinage, kayak, canoë, voile, aviron, balle pelote, net-ball, gymnastique (sans sa forme de compétition), jogging, volley-ball, athlétisme…

En conclusion, au “hit-parade” des sports à pratiquer, nous conseillons :

la bicyclette (par exemple, sous la forme de Cyclotourisme) la natation (en eau saine !) la marche à pied le jogging Par pratique “régulière” d’une activité physique, nous entendons un rythme d’au moins deux fois par semaine, ce qui paraît le minimum nécessaire pour en retirer un bénéfice.

 

Cet article a été rédigé par Philippe Cordier, kinésithérapeute aux Cliniques Universitaires Saint Luc à Bruxelles.